Exposition Benjamin Graindorge/Ymer &Malta - Design - L’art et la manière - 23 juin 2017 - 6 janvier 2019

Publié le 20.03.2018
Cette exposition met l'accent sur la créativité d'un designer qui, tout en s'appuyant sur des savoir-faire traditionnels, parvient à les transcender pour en livrer sa propre interprétation.
© Ymer&Malta

Depuis 2013, année de sa réouverture après rénovation totale, le château Borély, bastide du XVIIIè siècle, est devenu l’écrin d’un musée consacré aux Arts décoratifs, à la faïence et à la Mode. Au cœur d’une muséographie résolument contemporaine, il présente près de 2500 œuvres d’une grande diversité de techniques dans les domaines du mobilier, de la céramique, du verre, de la tapisserie et des objets d’art, du XVIIIe siècle à nos jours. Complétées d’un fonds de Mode et d’accessoires, ces collections sont réunies sur près de 1600 m2 d’exposition. Dès l’origine du projet scientifique, le musée a souhaité offrir une vision actualisée de la création dans le domaine des arts décoratifs et du design. C’est pourquoi, tout au long du parcours dans lequel certains décors et mobilier d’origine ont été conservés, s’insèrent des œuvres contemporaines, spécialement créées pour le musée, par des artistes internationaux, engagés dans une démarche de renouvellement des arts décoratifs. Le lustre du grand vestibule du designer Mathieu Lehanneur, les tapisseries de Laurence Aegerter tissées de fils réactifs à la chaleur et la lumière noire, le vaisselier de porcelaine imprimée d’images vidéo de Magdaléna Gerber, les créations sonores de Simon Cacheux, ou encore les trumeaux-miroir et les appliques d’Hubert Legall, engagent le musée Borély dans l’art de son temps.

C’est dans cette démarche que s’inscrit l’exposition consacrée au designer Benjamin Graindorge et à son studio de création Ymer&Malta. A travers une soixantaine de pièces, l’exposition met l’accent sur la créativité d’un jeune artiste qui, tout en s’appuyant sur l’usage des métiers et des matériaux traditionnels, sait les transcender pour en livrer sa propre interprétation. Si B.Graindorge s’intéresse aussi au design industriel, les œuvres choisies pour le musée Borély sont éditées en petites séries par son studio de création Ymer&Malta. Car la démarche du designer est indissociable de sa collaboration avec ce studio qui le produit depuis 2010. Valérie Maltaverne, sa fondatrice, est l’interface entre son travail de designer et les processus de fabrication des œuvres, qu’elle confie à des artisans de haut niveau, en assurant le suivi technique et créatif, de la conception à la réalisation.

Ymer&Malta et Benjamin Graindorge cultivent un langage commun, basé sur la volonté de repousser les limites des formes et des techniques. Leur collaboration s’avère une véritable aventure créative qui aboutit à des pièces souvent uniques ou déclinées en petites séries. Ymer&Malta s’entoure d’une équipe internationale de designers pour créer des pièces innovantes, à la charnière du design, de l’art et de l’artisanat. Le dernier exemple est une exposition de lampes créées pour le musée Noguchi de New-York et inspirées des lampes Akarien papier washi et bambou de Isamu Noguchi.

A travers cette première exposition de Benjamin Graindorge dans un Musée de France, complétée de la création par l’artiste d’une banque d’accueil originale, les meubles, miroirs lampes, coupes, vases ou tapisseries, réalisés dans des matériaux nobles comme le marbre, le cuir, le verre, la céramique ou le bois massif, offriront un dialogue passionnant avec les collections d’arts décoratifs du musée Borély.

Diplômé en 2006 de l’École nationale supérieure de création industrielle, Benjamin Graindorge, né en 1980, travaille chez différents designers puis se consacre à ses propres créations pour lesquelles il remporte un certain nombre de concours (Cinna, Audi Talents Awards). Il est également sélectionné deux fois au festival Design Parade à Hyères. Tous les champs de la création l’intéressent : du design industriel à l’édition en petites séries, jusqu’à la réalisation de films ou de costumes de danse. Amoureux avant tout de l’état d’esprit d’un objet, il en décortique la fonction dans une technicité très poussée qui puise cependant sa source dans de nombreux dessins et croquis préparatoires.

Accompagnée d’un catalogue richement illustré, cette exposition, par sa mise en lumière des métiers d’art traditionnels, entend rassembler des publics très divers. C’est ainsi que des partenariats avec des écoles d’art, de design, d'ébénisterie, de mode de Marseille et sa grande région, permettront aux étudiants d'appréhender l'importance des savoir-faire traditionnels dans le processus de créativité et d'économie. Des rencontres avec l'artiste et des workshop seront proposés au public, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux.